Un microbiologiste de l’UQTR inquiet


 

Publié le 13 octobre 2009 à 07h12

Le microbiologiste Jacques Boisvert.

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

Photo : Stéphane Lessard

(Trois-Rivières) Jacques Boisvert n’a pas vraiment le goût de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1).

Professeur au département de Chimie-Biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, ce microbiologiste s’inquiète du fait que Santé Canada veuille procéder à une vaccination massive avant même que les études cliniques soient complétées.

«En 1976, aux États-Unis, un vaccin a joui, comme ça, d’un processus accéléré d’accréditation et on a dû arrêter la vaccination à cause des effets secondaires néfastes», se souvient-il, «dont plein de maladies auto-immunes, en particulier le syndrome de Guillain-Barré», rappelle-t-il, une maladie qui s’attaque au système nerveux.

Le coupable? Un adjuvant ajouté au vaccin pour en renforcer les propriétés thérapeutiques et qui a créé une violente réaction du système immunitaire. Dans ce cas-ci, cet adjuvant était le squalène.

Selon le Center for Disease Control, le vaccin contre la H1N1 contiendra du thimerosal, un agent de conservation dont l’ingrédient actif est le mercure, une substance hautement toxique.

«Eux disent que c’est de l’éthylmercure, un composé évacué rapidement du corps par l’urine. Donc il ne devrait pas faire de dommages. Mais on n’a jamais de certitudes avec ça. Même chose avec les adjuvants», explique le professeur Boisvert, des produits dont on ne comprend même pas le fonctionnement, fait-il valoir.

Ce qui inquiète aussi le microbiologiste, c’est qu’à produire un vaccin trop rapidement, on peut faire plus de mal que de bien.

«En France, il y a une vingtaine d’années, il y a certains lots de virus devant servir à fabriquer un vaccin contre la rougeole qui n’ont pas été inactivés comme il le faut. La France s’est retrouvée avec une épidémie de rougeole, ni plus ni moins», signale-t-il. «C’est un des dangers quand on est pressé pour faire quelque chose», fait-il valoir.

Le professeur Boisvert croit qu’à trop vouloir précipiter les choses, on pourrait aussi en arriver à produire un vaccin inefficace et à faire une campagne de vaccination tout à fait inutile.

«Ils vont vacciner les gens et regarder le niveau d’anticorps, sauf qu’il n’y a pas nécessairement une bonne corrélation entre le niveau d’anticorps et le fait que tu vas être protégé de la maladie. Tu peux avoir un taux d’anticorps élevé, mais que ça ne donne rien. Ça se peut qu’ils vaccinent pour rien», explique-t-il, si tous les tests ne sont pas faits jusqu’au bout.

«Il y a des organismes qui sont très pathogènes, d’autres peu pathogènes, c’est difficile de les attraper, mais ils sont très virulents. C’est ça que tu veux vérifier avant la vaccination», plaide-t-il.

Les informations circulent mal

Jacques Boisvert se questionne au sujet du manque flagrant de consensus au sein de la communauté médicale et scientifique face à la pandémie de grippe A (H1N1) et à la campagne de vaccination qui débutera sous peu.

Selon lui, les informations qui circulent au sein même des autorités médicales, tant québécoises que canadiennes et même internationales, sont parfois même contradictoires.

Certains, par exemple, disent que le lavage de mains est inutile contre cette grippe alors que d’autres encouragent cette pratique. D’autres disent que les masques ne sont pas efficaces alors que certains autres disent le contraire.

«On annonce qu’il y aura une deuxième vague plus virulente, mais on base la modélisation sur les pandémies de 1918, 1957 et 1968, trois pandémies différentes. Or, personne ne peut affirmer qu’il y aura ou non une deuxième vague», dit-il.

Et puis, il y a les experts de l’INSPQ qui déclarent que ceux qui auront le vaccin de la grippe saisonnière seront plus à risque d’attraper la grippe A (H1N1).

«Là, c’est rendu dans les médias que ce sont plutôt les symptômes qui seront deux fois pires. Entre l’attraper et avoir plus de symptômes, ce n’est pas pareil», plaide-t-il.

Vacciner pour la grippe A (H1N1) avant ou après le vaccin de la grippe saisonnière? Voilà un autre cas où personne ne s’entend. «Il n’y a pas une province qui va faire la même chose», constate le professeur Boisvert.

«Et pourtant», dit-il, «on part des mêmes constats. C’est un bordel. Pourtant, si tu as des experts et qu’ils ont tous les mêmes données, ils devraient arriver aux mêmes conclusions», fait-il valoir.

«Les ministres de la Santé, pourquoi ils ne se réunissent pas à Ottawa?» se questionne ce scientifique.

Et puis, on véhicule encore que l’état infectieux d’une personne qui a contracté la grippe A (H1N1) est de sept jours, ajoute Jacques Boisvert, alors que des médecins ont constaté que des patients étaient infectieux pendant 10 jours et que ce constat a été publié dans un périodique scientifique à révision par les pairs.

Non pas qu’il soit contre le principe de la vaccination comme tel, mais de la façon dont les choses se présentent dans le cas de la grippe A (H1N1), Jacques Boisvert sent sa confiance ébranlée.

«La communication des autorités de la santé est mal faite», analyse le microbiologiste qui constate, autour de lui, que nombreux sont ses collègues qui refuseront le vaccin contre la grippe H1N1 pour les mêmes raisons.

par Sortir du Chaos et de l'illusion

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