« Big Pharma » : ceux qui font de nos vies, une maladie…


 

par Dr Pascal Sacré

Chaque euro investi dans la mise au point d’un médicament de marque rapporte aux monopoles pharmaceutiques à peu près mille euros… Il y a les firmes privées qui produisent, quel que soit leur produit, puis le vendent. Il y a les organes civils, attachés à un gouvernement où à une structure supranationale, européenne ou mondiale, censés contrôler et accepter, avec ou sans modification, le produit proposé par la firme privée, en fixer le prix et les modalités d’utilisation. Il y a le consommateur, «vous, moi». Nous.

Nous sommes la vraie cible de tout ce montage savant destiné à endormir notre prudence, notre intelligence et notre instinct de conservation.

Sans les organes civils correspondants, dont les experts assermentés créent une illusion d’indépendance et de probité, les firmes privées, en dehors des consommateurs les plus aveugles et les plus crédules qui les croient sur parole, ne pourraient convaincre autant de gens, par ailleurs intelligents, prudents et informés, même très partiellement, de leurs pratiques malhonnêtes et peu scrupuleuses. Les organes civils, parés par les médias et l’inconscient collectif de cette indépendance et de cette intégrité qui en réalité n’existent pas, décuplent à la puissance 1000 le pouvoir de persuasion et de pénétration des firmes privées dans nos vies quotidiennes.

Dans tous les domaines importants de nos vies : santé, alimentation, énergie, communication, médias, armement, finance, les buts principaux des firmes privées sont le monopole, l’opacité, l’infiltration des organes publics à des niveaux stratégiques, et la manipulation du langage. Elles veulent surtout vendre leur produit, tel quel, au moindre coût pour elles, même s’il est défectueux, dangereux, ou simplement inutile. Cela importe peu que le produit soit réellement bénéfique, ou même toxique, ce qui est beaucoup plus souvent le cas.

Ces firmes commettent sans état d’âme des essais sur des cobayes démunis, sans défense, impuissants et mal informés, dans les pays « en développement », et parfois même « développés », alors vous imaginez comme elles ont cure de la vie humaine, en ce compris la vôtre.

Si l’infiltration de l’organe public est indispensable à la bonne marche des affaires des firmes privées, la manipulation du langage est l’arme la plus puissante pour s’approprier la pensée du public. Ceci est l’étape-clé. C’est le nom du chapitre 1 du livre de Normand Baillargeon, « Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle » : Le langage.

La première citation, sur la première page, est celle d’un expert en manipulation du peuple par le langage :

« A force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont « cercle » et « carré » ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent », de Joseph Goebbels, Ministre nazi de l’Information et de la Propagande (1).

Le cas rapporté par Sheldon Rampton et John Tauber montre comment des groupes intéressés peuvent utiliser le langage pour influencer la population. En 1992, l’International Food Information Council (IFIC) des États-Unis s’inquiète de la perception qu’a le public des biotechnologies alimentaires (exemple : OGM, nanotechnologies). Un vaste programme de recherche sera donc mis en place pour déterminer comment parler au public de ces technologies. Les recommandations du groupe de travail concerneront surtout le vocabulaire qu’il convient d’employer.

Des mots seront retenus pour leur charge positive et il sera fortement conseillé de s’en tenir à ceux-là. Par exemple : beauté, abondance, enfants, choix, diversité, terre, organique, héritage, métisser, fermier, fleurs, fruits, générations futures, travailler fort, amélioré, pureté, sol, tradition, entier. D’autres, par contre, seront à proscrire absolument, notamment : biotechnologie, ADN, économie, expérimentation, industrie, laboratoire, machine, manipuler, argent, pesticides, profit, radiation, sécurité et chercheur (2).

Le chapitre 1 du livre de Normand Baillargeon sur le langage révèle en plus de 65 pages des dizaines de mécanismes de manipulation de nos esprits par des subterfuges du langage faisant qu’avant même de commencer à réfléchir, à comparer, à analyser, à en parler autour de nous, nous sommes déjà fortement conditionnés pour croire et accepter, ou refuser, selon les objectifs de ces firmes privées.

Le langage contrôle les réactions de nos cerveaux à un stade préconscient, avant toute réflexion, toute analyse.

Les firmes privées, qui visent un monopole, un profit, une vente aux meilleures conditions, le savent très bien. Dans cette vaste entreprise de manipulation par les mots, le langage et les images, la télévision et les médias en général jouent un rôle crucial.

Selon Albert Bandura*, docteur en psychologie, professeur à l’Université de Stanford, la télévision et les médias (cinéma, journaux) sont la forme la plus puissante d’influence et de conditionnement, façonnant l’état d’esprit médical et le comportement des gens autour du monde. Cette influence est plus forte que celle des parents, des professeurs ou des collègues.

Les films au cinéma, à la télé, les documentaires, les journaux, les jeux et les débats télévisés, la publicité (voir vidéo) exercent un rôle persuasif majeur sur notre apprentissage, nos comportements et nos perceptions au niveau individuel, et social.

Tout comme les firmes privées énergétiques les plus polluantes essaient de se racheter une conduite, de se confectionner un paravent de respectabilité**, les firmes pharmaceutiques se joignent à des alliances mondiales comme le GAVI Alliance, des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates, des démarches d’organisations comme l’OMS ou l’ONU (3). Ce ne sont que des opérations de marketing destinées à façonner dans l’esprit des gens mal informés une image de philanthropie, et qui permet, d’une pierre deux coups, de tester, sous couvert d’exploitation déguisée en aide, leurs médicaments sur des populations cobayes abusées et impuissantes.

Les firmes privées détruisent l’écosystème et l’environnement.

Les firmes privées exploitent l’humanité entière, les plus pauvres et les plus démunis en les faisant travailler pour elles pour un salaire de misère, en échange de souffrances extrêmes, et les plus riches en les faisant acheter leurs produits dangereux, défectueux ou simplement inutiles.

Par le biais de brevets, de copyrights et de subterfuges juridiques complexes, les firmes privées monopolisent un savoir qui appartient à toute l’humanité.

Les firmes privées s’associent pour former d’énormes monopoles encore plus puissants. Ces monopoles géants ont leurs sièges principaux en Europe et aux États-Unis. Monsanto, Dow, DuPont, Cargill, Syngenta dominent l’agriculture et l’alimentation mondiales.

Les Big Five, Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, Boeing, Raytheon, dominent l’industrie de l’armement.

Depuis la crise de 2008, le pouvoir financier est détenu par quelques mains, encore moins nombreuses et encore plus puissantes qu’avant : Citigroup (rachat de Wachowia), JP Morgan Chase (rachat de Bear Sterns), Bank of America (rachat de Merryl Lynch), Wells Fargo dominent les banques commerciales. Goldman Sachs, Morgan Stanley, Blackstone Group, les banques d’investissement (sacrifice de Lehman Brothers). Deux agences, Moody’s et Standard & Poor, dominent 80% du marché mondial des notations dont nous voyons aujourd’hui la toute puissance (déchéance de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne, de l’euro). Tous les secteurs évoluent vers ces monopoles tout-puissants et opaques, les médias, l’énergie, la communication, la construction, la grande distribution…

Dans le domaine pharmaceutique, les sept principaux groupes de Big Pharma sont GlaxoSmithKline (GSK), Bayer, Merck, Novartis, Pfizer, Roche et Sanofi-Aventis. Ces groupes contrôlent à eux seuls la moitié du marché mondial des médicaments qui représente 700 milliards d’euros pour l’année 2009 (4). Leurs bénéfices sont supérieurs à ceux réalisés par les Big Five, les puissantes firmes US du complexe militaro-industriel mondial ! Chaque euro investi dans la mise au point d’un médicament de marque rapporte aux monopoles pharmaceutiques à peu près mille euros (5) !

Vous imaginez ?

Chacun de vos passages à une pharmacie, chez le médecin, à l’hôpital, chaque ordonnance que vous réclamez, chaque boîte que vous achetez, chaque pilule que vous avalez apporte sa petite pierre aux mille euros rapportés sur l’euro investi. Un retour sur investissement de 1000 sur 1 ! Les firmes pharmaceutiques aiment votre ignorance, et dépensent des fortunes pour la conserver car c’est très rentable pour elles.

Il ne s’agit pas de faire le procès du médicament ou de la médecine moderne. Ce n’est pas l’outil qui fait le bien ou le mal, mais celui qui l’utilise. Une arme à feu peut servir à tuer un animal qui nous menace, comme elle peut servir à tuer une vingtaine d’adolescent dans un lycée.

Certains médicaments sont potentiellement, voire réellement, bénéfiques. Certains chercheurs, médecins, scientifiques, pharmaciens sont honnêtes et intègres, comme en témoignent l’odyssée d’Allison Katz membre de l’OMS (6), et celle de tous les médecins et professionnels qui ont mis leur confort, leur réputation et leur carrière en jeu pour dénoncer le système, ou tout simplement ne pas avoir voulu y participer.

Les journalistes Sylvie Simon (7), Stéphane Horel, les auteurs Philippe Pignarre, Louis De Brouwer, Jörg Blech, Hans Ruesch, Dirk Van Duppen, dont certains sont docteurs ou ancien membre du monde pharmaceutique (cf références), tous ces insiders vous ouvriront les yeux sur les liaisons dangereuses qui existent entre les grandes firmes, les laboratoires, le pouvoir médical et les pouvoirs publics.

Tant que la grande masse des consommateurs ne sera pas alertée, et une fois alertée, tant qu’elle refusera de voir la réalité en face, les gigantesques monopoles privés, avec notre complicité semi-consciente et paresseuse, continueront de dévaster nos santés, notre environnement, nos écosystèmes, notre planète et notre Humanité.

Aucun Sommet sur l’environnement ou sur la santé, aucune belle parole, aucune vaine promesse ne changeront nos quotidiens tant que nous ne briserons pas le sortilège, l’ensorcellement dans lequel nous maintiennent les firmes privées, au moyen du langage, de la télévision, des médias, et de leurs complicités dans les organes publics.

Nous tous, consommateurs dociles et complaisants, sommes la composante de l’équation à la fois la plus puissante, qui peut tout arrêter, et en même temps la plus passive. ourtant nous sommes les dindons de la « farce ». Voici quelques bouts de la réalité sur big pharma : Big pharma invente des maladies. Supercheries de Big Pharma, Remède mortel pour maladie imaginaire (Supercheries de Big Pharma : Remède mortel pour maladie imaginaire)

Cet article relate l’histoire du TDAH, le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.

« Grâce au soutien vigoureux de l’établissement éducatif, l’incapacité à rester immobile une journée l’esprit engourdi d’ennui sous une discipline excessive s’est transformée en maladie. En psychiatrie, tout ce qu’il faut pour créer une nouvelle maladie, c’est de parvenir à un consensus sur le fait que certains comportements observables sont en réalité une maladie. Toute maladie entrant dans le manuel des diagnostics et statistiques n’en sort plus. »

Les médicaments proposés comme remèdes, comme l’Adderall, sont des amphétamines. Ce médicament a été associé à une incidence élevée de crises cardiaques et de morts subites chez l’enfant.

Les effets hautement délétères de la Ritaline (methylphénidate) et des autres stimulants (dextroamphétamine et metamphétamine) sont indiscutables et largement documentés ». (8)

Selon Jörg Blech, journaliste scientifique allemand, collaborant avec des journaux comme Die Zeit ou Der Spiegel, « si on pouvait autrefois espérer trouver un jour un traitement pour chaque maladie, les marchands de la santé (comprenez : maladie), aujourd’hui plus que jamais, semblent plutôt vouloir trouver une maladie pour chaque molécule fabriquée ».

Manipulation de « normes » biologiques ou cliniques, comme le taux de cholestérol ou la tension artérielle, compromission de membres influents de la communauté médicale ou des organes publics ou semi-publics chargés de son contrôle, par corruption, séduction, intimidation, voir un peu des trois, sont parmi les armes favorites des firmes privées mais le principal argument de vente de ces marchands de la santé (comprenez : maladie), c’est la peur et la persuasion au moyen du langage, de la télévision, des films, de la publicité.

L’histoire de la santé se confond avec celle du Dr Knock (ou le Triomphe de la Médecine, la pièce de Jules Romain) dont les écoles devraient rappeler régulièrement à nos enfants, adultes en construction, le message profond (voir « Les Inventeurs de Maladies », de Jörg Blech, éditions Actes Sud, 2005, pp.15-16 pour un court résumé).

Big Pharma corrompt et noyaute les organes publics censés les contrôler

La FDA : Food and Drug Administration (USA) dans la ligne de mire de ses propres scientifiques : Cet article rapporte un sondage envoyé à 5918 scientifiques de la FDA (équivalente US de la puissante Agence Européenne du Médicament ou EMEA, de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé AFSSAPS en France), dont 997 ont répondu.

En voici les résultats les plus choquants :  Source et suite: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19092

par Sortir du Chaos et de l'illusion

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