Le nucléaire et ses mensonges


Il est difficile de parler du « nucléaire » sans parler des nombreux mensonges qui l’entourent. Actuellement, les Japonais estiment que leurs instances officielles leur mentent, c’est certain, mais c’est une habitude dans ce domaine, quel que soit le pays concerné.

Le 8 décembre 1953, le président Dwight D. Eisenhower proposa à l’Assemblée générale des Nations unies la création d’une agence internationale chargée de contrôler l’utilisation des matières nucléaires. Approuvé le 23 octobre 1956 par 81 pays, le statut de l’AIEA (Agence Internationale pour l’énergie Atomique), lui conférait la responsabilité du contrôle de la bonne application de la sécurité et de la protection des personnes ainsi que du transfert des technologies nucléaires. Placée sous tutelle des Nations unies, l’Agence entra officiellement en fonction le 29 juillet 1957, avec un prestige considérable.

Mais, comme l’a constaté Greenpeace : « En voulant défendre les intérêts de l’industrie nucléaire, à plusieurs reprises déjà, l’AIEA a altéré la vérité. Son point fort a toujours été de minimiser, voire nier, les conséquences d’un accident. Tel fut le cas en 1957 lorsqu’un incendie se déclara dans l’usine de plutonium de Windscale. Incendie qui entraîna la contamination radioactive de surfaces importantes au Royaume-Uni et en mer d’Irlande. L’agence adopta la même attitude, toujours en 1957, au moment de l’accident dans la centrale de Kyshtym (URSS) et de la catastrophe qualifiée d’“impossible” dans la centrale de Three Miles Island (USA) en 1979. »

En effet, le 23 mars 1979, la rupture d’une valve du circuit de refroidissement et la formation d’une bulle de gaz radioactive dans cette centrale située en Pennsylvanie plongea l’Amérique dans la plus vive inquiétude. La population de la région fut évacuée et les autorités affirmèrent que la situation était parfaitement maîtrisée sans préciser quelle quantité de radioactivité avait été relâchée dans l’atmosphère. Au cours des semaines qui suivirent, les feuilles des arbres et les légumes grossirent d’une manière surprenante et on parla de « prolifération anarchique », et il a fallu plus de dix ans pour dépolluer le site.

Or, en 1974, le rapport Rasmussen avait estimé que l’occurrence d’un accident nucléaire qui entraînerait la mort de dix personnes était de un tous les deux cent cinquante mille ans !

Ces accidents, pourtant bien réels, ont été minimisés de manière scandaleuse, au point que Morris Rosen, qui dirigeait alors le département de Sécurité Nucléaire à l’AIEA, déclara au mois d’août 1986, lors de la première conférence internationale d’évaluation de la catastrophe de Tchernobyl : « Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante […] Tchernobyl prouve que même en cas de véritable catastrophe nucléaire, on ne peut parler d’un nombre “déraisonnable” de victimes. » Il serait intéressant de savoir quelle est sa définition d’un nombre « raisonnable » de victimes.

De son côté, Leonard Bennet, autre représentant de l’AIEA, estimait en 1991 que « globalement, les conséquences de Tchernobyl se sont révélées moins graves que l’on ne s’y attendait » !

Cette année-là furent publiés les résultats d’un projet de recherche international sur Tchernobyl. Le service de presse de l‘AIEA conclut alors qu’aucun effet sur l’homme n’avait été constaté, hormis les trente et un pompiers décédés peu après la catastrophe du fait du rayonnement. Passant sous silence l’augmentation effarante du nombre de cancers de la thyroïde qui inquiétait déjà depuis 1990 les médecins de Biélorussie et d’Ukraine, l’agence s’était contentée de reprendre les chiffres officiels des autorités moscovites sans mettre un instant en doute leur véracité.

« Comment a-t-elle pu adopter une attitude si peu critique à l’égard d’une autorité qui venait de promulguer une nouvelle loi interdisant aux médecins de stipuler sur les actes de décès la cause de ceux-ci si elle est imputable au rayonnement ? », demanda Greenpeace à cette époque. En effet, le 19 mai 1985, un an avant l’accident, le ministre soviétique de l’énergie et de l’électrification avait signé un décret selon lequel « les informations négatives sur l’impact écologique des centrales électriques et leurs conséquences sur le personnel, la population et l’environnement, ne pouvaient en aucun cas être diffusées à la presse ou transmises à la radio ou à la télévision ».

Suite ici: http://sortirduchaosetdelillusion.eklablog.com/accueil-c455976?#!/le-nucleaire-et-ses-mensonges-a3243112

par Sortir du Chaos et de l'illusion

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