Encore plus d’OGM dans nos champs



Voilà où mène l’appat du gain, je ne pensais pas que la culture d’OGM
était aussi répendue au Québec, je dois me rendre à l’évidence, c’est bien installé !!!
Lizette

Le brevet du premier OGM (organisme génétiquement modifié) largement cultivé au Québec – le soya Roundup Ready de Monsanto – expire en août. Son succès est écrasant: plus de 60% du soya qui pousse chez nous est Roundup Ready. Ombre au tableau: de mauvaises herbes résistantes à l’herbicide Roundup sont apparues en Ontario. On craint leur arrivée au Québec.

Cet été, les agriculteurs du Québec prévoient ensemencer une superficie record de soya génétiquement modifié: 148 000 hectares, en hausse de 16% par rapport à l’an dernier. Tout ce soya est du Roundup Ready de Monsanto. Une culture qui survit à l’épandage de Roundup ou de tout autre herbicide à base de glyphosate.

Il s’agit du premier OGM largement utilisé au Québec «et dans le monde», dit Dominique Michaud, professeur en science de l’agriculture à l’Université Laval. Son apparition au milieu des années 90 «a beaucoup facilité la vie des producteurs agricoles», fait-il valoir. Ce qui explique sa popularité toujours croissante et l’échec relatif des campagnes anti-OGM.

Le soya Roundup Ready, ç’a été «l’arrivée de la biotechnologie» dans les champs, a indiqué Salah Zoghlami, agronome à la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec. «On parle de deux mondes», a-t-il souligné.

Il suffit de faire un épandage de glyphosate dans un champ Roundup Ready pour que tous les végétaux meurent… sauf le soya. Résultat: «95% des utilisateurs de cette technologie sont satisfaits», a indiqué Trish Jordan, porte-parole de Monsanto Canada.

Économiser 25 $ l’acre avec les OGM

Sylvain Joyal, qui cultive 200 hectares de soya génétiquement modifié sur le bord de la rivière Yamaska, vient d’arroser ses terres de glyphosate. Lors du passage de La Presse, les mauvaises herbes jaunissaient, entre les rangs de soya restés verts. Même pas besoin d’arracher les indésirables. «Les vers de terre vont s’en occuper», a assuré l’agriculteur.

«C’est un produit beaucoup moins nocif que les anciens qu’on était obligés de mettre, a-t-il indiqué. C’est aussi moins dispendieux.» Utiliser les semences Roundup Ready et le glyphosate lui fait économiser 25$ l’acre comparé à l’utilisation d’autres herbicides, plus chers et moins efficaces, a calculé M. Joyal. Même en tenant compte des droits à payer à Monsanto.

Ces semences génétiquement modifiées pourraient bientôt être encore plus abordables, puisque leur brevet expire en août au Canada. Mais attention: Monsanto interdit aux agriculteurs, par contrat, de garder les semences de soya Roundup Ready à la fin de cet été pour les resemer. Ce n’est qu’en 2012 qu’ils pourront le faire légalement. Ils pourront aussi en acheter des copies génériques, comme pour les médicaments.

«Comme c’est le premier brevet lié à une plante transgénique utilisée à grande échelle qui vient à échéance, on ne sait pas trop ce qui va arriver, a observé Dominique Michaud. Mais je pense que les agriculteurs se tourneront plutôt vers les nouvelles générations d’OGM».

Vers un super soya meilleur pour la santé

Monsanto fait la promotion de son soya «de génération suivante Genuity Roundup Ready 2 Rendement», offert au Québec depuis l’an dernier. «Son rendement est de 7 à 11% plus élevé en moyenne que celui du soya Roundup Ready original, a indiqué Trish Jordan. Ce sera le nouveau leader dans la production de soya.»

D’autres nouveautés plus étonnantes s’en viennent: Monsanto élabore des soyas dont l’huile sera pauvre en gras saturés, d’autres riches en oméga-3. Pourquoi modifier un seul gène quand on peut en changer plusieurs? «Je suis assez au courant de ce qui s’en vient, et on n’a rien vu encore», a souligné Dominique Michaud.

«La tendance est à l’empilement des gènes, la troisième génération des modifications génétiques», a confirmé René Mongeau, président de l’Ordre des agronomes du Québec. Il y a déjà le maïs Smartstax, dont les huit gènes modifiés permettent de résister aux insectes et au Roundup. Il y aura bientôt le soya donnant de l’huile meilleure pour la santé.

Or, pour modifier la teneur en huile d’une plante, il faut changer son métabolisme. Une opération plus complexe que de la rendre simplement résistante à un herbicide, a expliqué M. Michaud. «Quand on commence à modifier délibérément des choses dans une plante, on risque évidemment d’en modifier d’autres, a-t-il dit. Ça peut être positif, ça peut être négatif. Encore faut-il le voir.»

«Je ne suis pas nerveux sur la dangerosité de ce qui s’en vient, a indiqué le professeur. Mais je me questionne sur la capacité de nos agences réglementaires d’étudier tout cela. Ils sont super bons, mais ils en ont plein les bras et ce n’est pas très complexe, ce qu’ils ont eu jusqu’à maintenant.»

Par: Marie Allard La Presse

Source:   cyberpresse      

par Sortir du Chaos et de l'illusion

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